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Les rêves et les cauchemars


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Que sont les rêves?

Les rêves sont une forme d’activité mentale se produisant pendant le sommeil. Cette activité mentale varie beaucoup, elle peut se présenter sous forme de pensées ou d’images très simples, ou sous forme d’histoires élaborées contenant des images aux couleurs vives, des sons et une activité physique intense.

Les rêves peuvent survenir à tout moment au cours d’une nuit de sommeil. On a longtemps cru que les rêves ne se produisaient que pendant le sommeil paradoxal (stade du sommeil se produisant à chaque 90 minutes et caractérisé par un mouvement rapide des yeux, une activité cérébrale intense et une paralysie musculaire). On sait maintenant que les rêves peuvent survenir pendant tous les stades de sommeil et varier en intensité et en vivacité. Par exemple, de brefs rêves vivaces peuvent se produire au début du sommeil alors que des rêves de réflexions peuvent se manifester durant le sommeil non-paradoxal. Ils sont cependant plus détaillés et contiennent plus d’activité et d’émotions quand ils se produisent pendant le sommeil paradoxal, particulièrement dans la dernière partie d’une nuit de sommeil.

Le rappel des rêves

Plusieurs personnes ne se rappellent pas de leurs rêves. Toutefois, la recherche en laboratoire a démontré que nous faisons presque tous l’expérience de rêves durant le sommeil et surtout lorsqu’on se réveille en sommeil paradoxal. Un sommeil trop court, un manque d’intérêt, ou la distraction par un radio réveil matin sont parmis les facteurs pouvant empêcher ou réduire le rappel des rêves à la maison. Quelques mesures simples peuvent améliorer lee rappel des rêves comme changer l’heure de réveil, porter attention aux rêves immédiatement après le réveil et les écrire ou les raconter à quelqu’un. Il a aussi été démontré que le simple fait d’y porter davantage attention et être motivé à s’en rappeler peut en augmenter le rappel. Nous savons aussi que les femmes s’intéressent beaucoup plus aux rêves que les hommes et s’en rappellent plus souvent.

Quelles sont les sources des rêves?

L’origine des rêves demeure un sujet de débat entre les chercheurs. On a observé que, de façon typique, les rêves incorporent sous une forme ou l’autre des événements s’étant produits la journée précédente, bien que des évènements soient aussi souvent incorporés. Récemment, une étude a démontré que chez les personnes âgées, certains rêves peuvent référer à des événements datant de 50 ou 60 ans.

Les différences d’âges, le genre, les cultures et les rôles sociaux peuvent se refléter dans les rêves. Par exemple, les rêves des jeunes enfants contiennent plus d’animaux que d’humains. Les femmes ont plus d’interactions verbales dans leurs rêves tandis que les hommes auraient davantage d’anxiété et d’agressions physiques.

Les rêves apparaissent ainsi comme étant en continuité avec la vie éveillée. Cependant, deux caractéristiques des rêves limitent cette observation. Premièrement, les représentations en rêves des expériences éveillées sont très déformées, ce qui fait que dans plusieurs cas, seul le rêveur peut en comprendre le lien. Deuxièmement, la plupart des rêves ne sont pas agréables pour le rêveur. En fait, les rêves ont souvent une teneur négative, contrairement à l’expérience de la vie éveillée. Il est intéressant de remarquer que les rêves contiennent rarement des éléments comprenant de la lecture, de l’écriture et de la comptabilité.

Les rêves sont-ils utiles?

Les rêves sont un phénomène naturel. Il n’est pas dangereux de s’en rappeler. La représentation de la réalité déformée par le rêve peut être utile quand elle peut mener à des images et des associations très créatives. Plusieurs artistes et écrivains s’inspirent des images et des histoires des rêves dans leurs travaux. Certains scientifiques ont aussi fait des découvertes importantes à la suite de rêves. Cependant, parce que plusieurs rêves sont désagréables pour le rêveur, ils peuvent parfois avoir un impact négatif sur l’humeur au réveil. Les rêves sont parfois utilisés en psychothérapie car ils peuvent refléter l’état de conscience éveillée d’une personne et/ou ses préoccupations. Plusieurs techniques ont aussi été développées pour se servir des rêves dans la vie quotidienne, notamment pour améliorer la conscience de soi, aider dans la résolution de problèmes et améliorer les relations interpersonnelles. Toutefois, les symboles universels des rêves présentés dans les livres populaires sont le résultat de spéculations non-scientifiques.

Cauchemars et terreurs nocturnes

Certains types de rêves contiennent de la détresse et ont un impact sur la vie éveillée. Les cauchemars sont des rêves bien élaborés ayant un contenu épeurant, anxiogène ou avec des composantes engendrant le malaise qui habituellement provoquent le réveil du rêveur. Les cauchemars ont tendance à se produire tard dans la nuit et normalement pendant des épisodes de sommeil paradoxal.

Les terreurs nocturnes sont par ailleurs caractérisées par un éveil soudain d’un sommeil profond (non-paradoxal) survenant au début de la nuit. Les personnes se réveillent très soudainement avec une augmentation marquée de la respiration et du rythme cardiaque et des expressions marquées de peur et de panique. Bien qu’elles soient associées à une activité mentale intense et traumatisante, elles sont brèves et les personnes ne s’en souviennent généralement pas au réveil le matin. Les terreurs nocturnes peuvent être accompagnées d’épisodes de somnambulisme.

La présence de cauchemars augmente durant l’enfance jusqu’au début de l’adolescence. De 1% à 4% des parents rapportent que leurs enfants de niveau préscolaire ont des cauchemars « souvent » ou « toujours ». La prévalence augmente jusqu’à l’âge de 10 à 13 ans pour les filles et les garçons mais continue d’augmenter pour jusqu’à 20 à 29 ans pour les femmes alors qu’ils peuvent être deux fois plus fréquent que chez les hommes. Ensuite les cauchemars diminuent mais les différences hommes-femmes demeurent. Chez les adultes, la prévalence se situe à 6% pour les cauchemars mensuels et à 1 à 2% pour les cauchemars fréquents (1 cauchemar ou plus par semaine). Les cauchemars fréquents peuvent avoir un impact négatif sur le fonctionnement de la vie éveillée. Lorsque les cauchemars ne disparaissent pas spontanément, une psychothérapie peut être de mise. Des études récentes ont démontré que des techniques simples de narration des rêves et de transformation de l’histoire sont très utiles pour éliminer les cauchemars. Dans le cas des enfants, il est recommandé de les encourager à partager leurs cauchemars avec leurs parents et des professionnels de la santé. Les tout jeunes enfants peuvent le faire en les dessinant. Les expériences traumatisantes peuvent déclencher des cauchemars intenses et fréquents. Ces derniers peuvent être associés à un syndrome de stress post-traumatique, pouvant survenir suite à une exposition dans un contexte de guerre, d’un assaut, d’accidents ou d’autres traumatismes. L’aide professionnelle est recommandée pour soulager les cauchemars suivant un traumatisme.

 

Réalisé par :
Joseph De Koninck, PhD., MSRC
Professeur émérite de psychologie,
Université d’Ottawa
Tore Nielsen, PhD.
Professeur de psychiatrie
Université de Montréal

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